mercredi 29 avril 2015

L'étape de Korhogo.


Vendredi 24 Avril 2015.
Nous avons quitté Abidjan à 10h et c'est à 20h que nous atteindrons Korhogo. 10h de route pour avaler les 635 km qui sépare les deux villes. Un voyage long et fatiguant certes, mais qui prenait  des airs de fête lorsque les journalistes décidaient de faire les fous.

Quelques kilomètres plus loin après la ville de Bouaké, tout le monde dans le car sent le changement: l'air est devenu plus chaud mais en même temps plus pur; la végétation luxuriante du Sud est remplacée par des plaines habillées de couleurs que le soleil rend chatoyantes. Nous sommes au Nord de la Côte d'Ivoire, loin de la fumée des voitures et des usines et du stress des embouteillages.

Samedi 25 Avril 2015

A 9h, ma journée d'exploration commence. Mon appareil photo dans mon sac à dos, je pars à la conquête de la cité du Poro, comme on l'appelle.  

Le mont Korhogo

J'ai la chance d'avoir posé mes valises non loin du Mont Korhogo, situé au quartier résidentiel. Surplombant la cité, le mont Korhogo est une  sympathique balade si vous passez dans la région. Seulement quelques mètres à parcourir et je sors mon appareil   photo.


Voilà, ca c'est fait! Je poursuis mon chemin vers le centre ville; ce qui me donne l'occasion de lever un équivoque dont Korhogo fait l'objet du fait de son éloignement de la capitale: Korhogo n'est pas un village, c'est une petite ville, le chef-lieu de la région des savanes.

La place de la paix.

Porte d'entrée de la ville, elle abrite la mairie ( à droite de l'image) et la préfecture (à gauche). 


Le centre d'actions culturelles  Womiengnon

Si vous devez assister à un évènement  à Korhogo, il y'a de très fortes chances que cela se déroule au centre culturel. Le lieu, comme son nom l'indique abrite quasiment toutes les manifestations culturelles qui se tiennent dans la ville. La preuve: c'est là que se tiendra à 20h , les  présélections de Miss CI.  MTN qui accompagne cette célébration de la beauté depuis plus de 10 ans a investi les lieux et les préparatifs vont bon train.


Les techniciens sont au four et au moulin
Le centre culturel est situé à la rue du commerce, et c'est cette rue qu'il faut longer jusqu'au bout pour atteindre le marché, là où mes pas se dirigent maintenant. Pendant que je descend la rue, une image m'arrête et m'arrache un sourire. Le genre d'images qu'on ne verrait certainement pas dans une grande ville comme Abidjan: A l'angle d'une rue, des commerçants exposent à même le sol ce qu'on pourrait appeler le kit du cultivateur.


Juste quelques mètres plus bas, on arrive au grand marché de Korhogo

Le grand marché de Korhogo






Il est en plein chantier de bitumage en ce moment. Quand on passe par là, on a droit à un bon bain de poussière, mais il y'a des choses intéressantes à y voir.



Vous l'aurez certainement deviné, plus qu'à Bouaké, la moto est le principal moyen de locomotion à Korhogo. Ce que vous voyez ici dans cette rue qui fait face à l'entrée du marché est un parking de stationnement des motos, où les propriétaires peuvent stationner moyennant la somme de 100frs cfa, reversée à des jeunes hommes qui se chargent de surveiller votre moto pendant que vous faites vos courses.

Mais ne restons à l'extérieur du marché. A l'intérieur, nous allons découvrir des marchandises peu courantes sur les marchés des grandes villes mais qui font partie du quotidien du peuple Sénoufo, autochtone de la région.


Ces petits pots en terre cuite servent à y mettre de la braise pour brûler de l'encens dans le but de chasser les mauvais esprits, parfumer les pièces d'une maison ou pour se réchauffer.


Ces petits paniers servent à ranger les petites babioles.


Le beurre de Karité. Vous me direz, on en trouve sur les marchés de toutes les régions de la Côte d'Ivoire. Je vous répondrais que du beurre de Karité aussi pur et propre, on en trouve que sur le marché Korhogolais. A très bas prix en plus: 100 frs cfa la boule.

Après cette petite balade au marché, je décide d'emprunter une mot- taxi pour me rendre dans un édifice qui fait la fierté de la communauté musulmane de Korhogo.

La grande mosquée de Korhogo




Inspirée de l'architecture soudanaise, elle domine le quartier Koko d'où elle s'élève.

Le village de Waraniéré

Le village de Waraniéré est un passage obligé pour tous ceux qui veulent profiter de ce que la région a de beau et authentique à offrir. Situé à quatre kilomètres de Korhogo, Waraniéré est un village de tissérants, où cohabitent deux types de population reparties en deux quartiers distincts.

Toute la partie Ouest du village est réservée aux Malinkés tissérants et musulmans. C'est cette partie qui a établie la réputation de Waraniéré. La qualité des produits qu'ils proposent et cet art du tissage séculaire, transmis de générations en générations, conquiert tout visiteur qui passe par là. Le village compte à ce jour 351 tissérants à pied d'oeuvre pour vous offrir le meilleur.

Malheureusement, ce samedi était pour eux jour de deuil; ils étaient donc absents de leur poste de travail. Néammoins, j'ai pu capturer le fruit de leur travail exposé sur la petite place marchande.


Voilà la magnifique étoffe en coton qui servira à confectionner toutes les petites merveilles que vous allez voir.

                            Un joli boubou décontracté pour femme pour des journées tranquilles. 

Messieurs, on a aussi pensé à vous!
Des sacs  originaux pour vos virées en ville.
Des nappes de table pour mettre de la couleur dans vos repas.

Des peignoirs exposés de façon tout à fait originale.
Des draps qui deviendront des alliés inséparables en temps de fraîcheur.
Et même des habits pour enfants!



Quant à la partie Est du village, elle est réservée aux Sénoufos cultivateurs et animistes. C'est d'ailleurs à eux que les tissérants doivent la culture du coton qui servira à fabriquer l'étoffe.









On revient à Korhogo pour terminer avec l'actualité saisonnière du moment: les mangues! Elles poussent de partout! La ville elle même est parsemée de manguiers  et la plupart d'entre eux donnent de très bons fruits. 


On peut rencontrer dans la ville plusieurs regroupements de manguiers de comme celui-ci. Les fruits sont faciles à cueillir, sinon il suffit parfois même de se baisser pour en ramasser. C'est à se demander pourquoi on en vend au marché! 

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